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Secteur éducatif de la FSU, compte-rendu de la réunion du 17-10-07

mercredi 5 décembre 2007  Enregistrer au format PDF


Présents : EPA- SNEP- SNES-. SNESUP- SNETAP- SNICS- SNUAS- SNUEP- SNUipp- EE

1. Contexte général :

Les annonces et décisions du gouvernement et du ministre de l’éducation à la rentrée confirment ce que nous avions analysé lors du congrès de Marseille. Le service public d’éducation est confronté à des attaques sans précédent, budgétaires (avec les milliers de suppressions de postes annoncées) mais aussi des modifications profondes de son fonctionnement, de ses missions. En témoignent la « lettre aux éducateurs » de N. Sarkozy, les lettres de mission au ministres de l’éducation et de l’enseignement supérieur, en témoignent aussi l’utilisation médiatique du rapport du HCE, la remise en question publique du collège unique, les annonces sur l’accompagnement éducatif...

2- Campagne unitaire :

Après les réactions suscitées à la fin de l’année scolaire précédente par les annonces budgétaires, une campagne unitaire associant organisations syndicales, parents d’élèves FCPE et mouvements pédagogiques se met en place sur le thème « Service Public d’éducation en danger : améliorer la réussite
scolaire de tous les jeunes , il n’y a rien de plus urgent ! » :
lettre ouverte dans Le Monde, pétition nationale, motion pour CA, conseils d’écoles..., tract unitaire. Elle s’articulera avec les perspectives d’appel intersyndical à l’action (grève mi-novembre), relais à assurer au niveau des syndicats, des sections départementales...

3. IUFM :

Huit IUFM sont déjà intégrés dans des universités et ce processus se poursuit dans un contexte brouillé et de moins en moins démocratique. La diversité des universités intégrantes alliée à la nouvelle loi sur les universités, notamment en matière de gouyernance et d’autonomie, n’augurent aucune amélioration pour les 22 intégrations restantes. La FSU s’était déjà adressée aux ministres concernés l’année dernière. Les conditions de mise en oeuvre, particulièrement sur la question de la
représentation des usagers, des élections nécessitent un nouveau courrier fédéral.

4. Commission Pochard

La « Commission sur le métier d’enseignant », présidée par M Pochard, prépare la publication d’un « Livre Vert » (état des lieux, décembre 2007), à partir des auditions qu’elle aura réalisées en octobre et novembre. La 2ème phase sera « celle de la proposition du gouvernement et de la négociation », sur le fondement d’un « Livre Blanc » (printemps 2008).
Informations sur la Commission et vidéos des auditions :
http://www.education.gouv.fr/pid495/commission-sur-evolution-metier-enseignant.html

Les différentes audiences qui ont concerné la FSU et ses syndicats ont permis de constater que les axes de réflexion des membres de la Commission sont pour l’essentiel à l’opposé des propositions de la FSU et de ses syndicats. De vieilles lunes reviennent en force : la bivalence en collège, l’autonomie renforcée des établissements, les recrutements locaux et sans concours, le contrat vs le statut de la fonction publique, la souplesse vs les obligations de service, l’évaluation par le chef d’établissement, ...

D’ores et déjà, se posent les questions de ce que retiendra la Commission dans le Livre Vert, et surtout du type de dialogue social qui se nouera ensuite. La diversité et la multiplicité des « auditionnés » ne doit pas faire fi de la représentativité des uns et des autres.

5. Accompagnement éducatif en ZEP

Présenté au nom de « l’égalité des chances », le dispositif mis en place en ZEP cette année a vocation à être généralisé (tous les collèges à la rentrée 2008, écoles et lycées à la rentrée 2009). Les 3 domaines éducatifs proposés ne sont pas du tout de même nature : aide aux devoirs pouvant aller jusqu’à un « approfondissement disciplinaire » ; activités sportives ; pratique artistique et culturelle. Les élèves, volontaires, doivent bénéficier des 3 domaines mais ... « en fonction de
leurs besoins et de leur motivation » ! La mesure s’inscrit dans le cadre du « travailler plus pour gagner plus » du programme Sarkozy : 140 millions d’euros en 2008 pour financer les heures supplémentaires des enseignants, et rémunérer assistants d’éducation et intervenants extérieurs. L’implication des enseignants, théoriquement volontaires, pourrait jouer un rôle dans la gestion de leur carrière (des pressions s’exercent déjà via certains IPR).
Dans le contexte actuel de suppressions massives de postes, la notion d’aide aux élèves est renvoyée en dehors de la classe (avec des intervenants multiples aux missions confuses) ; des disciplines déjà fragilisées par le socle commun (EPS et enseignements artistiques) pourraient être rapidement externalisées.

Les difficultés scolaires étant prétendument résolues après la classe, les conditions d’enseignement au sein de la classe (horaires, effectifs, travail en groupe) pourraient rapidement se dégrader davantage. Quelle articulation ce nouveau dispositif aura-t-il avec les dispositifs déjà existants d’accompagnement à la scolarité ou avec les dispositifs de réussite éducative de la loi Borloo ? Séduisante a priori pour l’opinion publique parce qu’elle répond à une demande sociale jusqu’ici prise en charge par le secteur marchand ou les collectivités territoriales, la mesure risque d’aboutir à moins d’école pour les élèves et notamment pour ceux qui en ont le plus besoin. Le stage fédéral de janvier sur les difficultés scolaires devrait intégrer cette question. Proposition de réaliser un argumentaire fédéral en direction des sections départementales.

Modalités
hors temps scolaire : durée indicative de 2 heures après la classe, 4 jours par semaine élèves volontaires encadrement par des enseignants volontaires (HSE), des assistants pédagogiques, ou des assistants d’éducation, des intervenants extérieurs (associations, collectivités) Projet présenté au conseil d’administration et intégré au projet d’établissement

Domaines éducatifs
l’aide aux devoirs et aux leçons (approfondir le travail de la classe, réaliser les devoirs, moments d’apprentissages différents, aide méthodologique, approfondissement disciplinaire, lecture, etc.), activités sportives, pratique artistique et culturelle l’accent sur les activités de découverte culturelle, d’expression et de création artistiques qui aboutissent à des réalisations concrètes)

Calendrier
5 nov. 2007 : collèges de l’éducation prioritaire en priorité aux classes de 6ème
2008 : tous les collèges
2009 : écoles, collèges et lycées

Moyens redéployés cette année
140 millions d’euros :
- 105 millions pour financer les HS des enseignants
- 35 millions pour rémunérer les intervenants associatifs (les
collectivités locales étant invitées à cofinancer ces interventions).

5. Suppression du samedi matin à l’école primaire :

Le ministre de l’Education nationale a annoncé sa décision de supprimer le samedi matin à l’école primaire dès la rentrée 2008, sans report des deux heures de cours, et avec l’intention de les utiliser « pour les élèves qui en ont le plus besoin ». Le calendrier scolaire devrait donc être désormais unique pour toutes les écoles, sans classe le samedi ni le mercredi matin, et sans empiéter sur les périodes de congés. Le SNUipp a dénoncé l’absence de concertation avec les représentants des enseignants, les parents, les municipalités, les partenaires de l’école. Cette décision, particulièrement importante pour l’avenir de l’école, est prise, de plus, à la veille de l’installation de la commission Pochard sur l’évolution du métier d’enseignant.

De multiples interrogations subsistent sur cette question : conséquences sur les programmes, modalités d’organisation des 2 heures (pour les élèves, pour les personnels), devenir de la 27ème heure, ...Pour le SNUipp, la prise en charge des élèves en grande difficulté scolairene peut être réduite à la mise en place d’heures de soutien. Seule une véritable transformation de l’école pourrait permettre que les inégalités sociales ne se traduisent pas par des inégalités scolaires. Les leviers identifiés par le SNUipp, avec l’ensemble de la profession, pour une école de la réussite de tous les élèves doivent être pris en compte. Davantage de temps de concertation, davantage de travail en équipe, plus de maîtres que de classe pour pouvoir alterner des formes de travail (groupe classe, petits groupes) en particulier dans les secteurs les plus difficiles, abaisser les effectifs, améliorer les dispositifs de formation...

6. Missions des infirmières

Le ministère est à l’origine d’une incompréhensible confusion des rôles entre les médecins et les infirmières, confusion dont ni les jeunes, ni les acteurs, ni le système éducatif n’ont à gagner. En effet, certains rectorats demandent aux infirmières de réduire leur temps dans les établissements scolaires, délaissant ainsi leurs missions spécifiques, pour réaliser à la place des médecins les visites médicales pourta nt prévues par la loi, au cours de la 6ème année. Cette attaque contre nos missions est d’autant plus incohérente que la loi Fillon a crée 1500 postes d’infirmières sur 5 ans afin précisément que ces missions puissent s’exercer davantage. Cf. communiqué SNICS du 4 octobre.

7. Plan « respect-égalité des chances »

Le plan « respect égalité des chances » de Fadéla Amara a fait l’objet de propositions de la part du Conseil National des Villes (CNV). Ce plan en gestation s’articule autour de trois axes « zéro tolérance pour la glandouille » ou l’occupation et l’emploi des jeunes, le désenclavement des banlieues et l’éducation. Les habitants sont invités par la secrétaire d’Etat à participer à l’élaboration du plan en faisant connaître leurs critiques et leurs propositions. La FSU a rencontré Fadéla Amara pour lui donner sa position sur le projet de plan. Cette entrevue a permis de
développer les propositions de la fédération en matière éducative. D’autres remarques telles que l’absence d’un axe santé et l’énonciation d’un avis réservé sur la « glandouille » ont émaillé cette rencontre. Le CNV s’est autosaisi pour donner son avis sur le futur plan. La FSU a fait de nombreux amendements sur le projet d’avis proposé aux membres du conseil avant adoption en bureau. Sous le prétexte « du parler vrai » le document
comportait des expressions induisant quasi systématiquement la responsabilité des habitants des banlieues, caractérisant par exemple l’enclavement des banlieues comme un enclavement physique et mental. Les amendements relatifs au paragraphe sur l’éducation consistaient à modifier les propos valorisant l’autonomie des établissements en proposant que cette autonomie soit pédagogique. Sur la mission partagée, nous avons précisé qu’il fallait préciser les champs d’intervention et les responsabilités respectives. Enfin nous avons insisté sur les moyens nécessaires et sur le fait de ne pas amoindrir les exigences éducatives pour éviter une école à deux vitesses.

8. Groupe Formation Professionnelle- Qualifications-Emploi (FPQE)

La réunion du 24 octobre portera sur les politiques régionales de formation avec la participation de Laurent Latour (directeur de la formation professionnelle et de l’apprentissage au CR Limousin) et sera ouverte à des représentants de la FSU dans les CESR, CCREFP

9. Dans l’enseignement agricole public :

- diminution de 3% de la Dotation Globale Horaire par an pendant les cinq ansà venir
- révision de la carte des formations de BTSA en en réduisant le nombre
- remise en cause du maintien des classes de 4°, 3° , par exemple notamment si une majorité de nos élèves ne s’orientent pas vers l’enseignement agricole public à l’issue de la 3°
volonté de mettre en place le bac pro en trois ans dans certains
établissements dès la rentrée 2008 sans expérimentation...

10. Stages

- 23/24 janvier 2008 : difficultés scolaires/inégalités...
- 13/14 mai : FPQE

Le collectif d’animation du secteur éducatif


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