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Sommet de l’OMC du 2 décembre 2009

lundi 23 novembre 2009  Enregistrer au format PDF


Quels enjeux pour l’OMC, lors de la 7ème conférence ministérielle ?
Du 30 novembre au 2 décembre 2009 se tiendra à Genève la 7ème conférence ministérielle de l’OMC sur le thème général « L’OMC, le système commercial multilatéral et l’environnement économique actuel ».

Il est possible que ce soit plus une rencontre purement formelle qu’une véritable séance de négociations visant à boucler le cycle de Doha. Cependant les dirigeants réunis en juillet lors du sommet du G8+ se sont accordés sur la nécessité de conclure Doha d’ici 2010 ; de plus, lors du sommet du G20 de Londres, les gouvernements se sont engagés à « lutter contre le protectionnisme ». Il est possible qu’ils passent des paroles aux actes, malgré - ou à cause - de la crise. Enfin, Pascal Lamy, directeur général de l’OMC, multiplie les initiatives en coulisse pour parvenir à un accord renforçant la libéralisation du commerce mondial par une ouverture des marchés et un abaissement général des tarifs douaniers sur les produits agricoles, les produits industriels et les services. Une conférence ministérielle en pleine crise mondiale. Pascal Lamy fait valoir que la relance du commerce international est indispensable pour sortir de la crise actuelle et relancer la croissance mondiale. Pour lui, « attendre la fin de la crise pour conclure le cycle de Doha signifierait priver l’économie mondiale d’un puissant stimulant de la reprise » économique.

Selon Pascal Lamy, l’expansion du commerce mondial contribuera à stabiliser les marchés financiers : ce serait, selon lui, le meilleur antidote contre la crise financière : en février 2008, il présentait « l’expansion du commerce comme une garantie contre les turbulences financières ». Son credo est que la libéralisation du commerce des services est un instrument vital pour la croissance économique ; il suggère ainsi implicitement que l’ouverture commerciale permettrait non seulement de sauver les emplois existants mais d’en créer de nouveaux. Il entonne aussi le refrain du « capitalisme vert »,assurant que la conclusion du cycle de Doha constituerait une solution au problème de la destruction de l’environnement et du changement climatique :« La meilleure façon de définir la relation entre le commerce international – et de fait l’OMC – et le changement climatique serait un accord international consensuel auquel participeraient effectivement tous les grands pollueurs ». Le directeur général de l’OMC soutient de plus qu’une libéralisation du commerce mondial serait dans l’intérêt des pays du Sud et permettrait de réduire la fracture entre pays riches et pauvres. C’est ainsi qu’en juillet 2009, il déclarait que l’aide pour le commerce aidera les pays en développement à sortir de la crise économique et en avril 2009 : « le meilleur plan de relance, c’est le Programme de Doha pour le Développement (PDD) ».

Les problèmes posés par le cycle de Doha

La libéralisation du commerce mondial profite en fait exclusivement aux multinationales, aux intermédiaires commerciaux et aux grands établissements financiers qui pompent de la richesse au niveau mondial. Elle suppose en effet un renforcement de la concurrence capitaliste internationale qui débouchera inévitablement sur une concentration du capital accrue. Il s’agit pour les grands groupes de comprimer au maximum les coûts, en particulier salariaux et fiscaux, et d’intensifier l’exploitation des salarié-e-s et des petits producteurs dans le monde entier. Toutes les entreprises sont aujourd’hui engagées dans une lutte dont l’enjeu est de réaliser des taux de profits supérieurs à ceux de leurs concurrentes et de gagner des parts de marché. Les Etats eux-mêmes sont contraints par cette logique systémique de renforcer à tous les niveaux leur compétitivité, ce qui signifie créer en leur sein des conditions-cadre procurant au capital des taux de profit supérieurs à ceux des autres pays. C’est la condition pour attirer de nouveaux capitaux et éviter la fuite de ceux-ci. Les salarié-e-s et les petits producteurs du monde entier subissent aujourd’hui les effets particulièrement violents de cette concurrence.

Tout cela renforcera dans tous les pays les pressions sur les emplois, les salaires, les conditions de travail, la protection sociale et les services publics, accentuant en même temps le processus de privatisation de ces derniers. Cette pression s’exercera de manière particulièrement forte dans les pays où les revenus du travail sont relativement élevés en comparaison internationale, tandis que les processus de délocalisation des entreprises vers les pays à bas salaires s’intensifieront, entraînant du même coup une concurrence accrue entre ces derniers pays eux-mêmes avec pour enjeu de maintenir des niveaux de salaires plus bas encore que ceux des pays concurrents pour attirer les multinationales sur leur sol . Cela aggravera le chômage et les inégalités sociales dans le monde entier.

De plus, l’ouverture commerciale défavorise le développement des pays les plus pauvres. Dans la compétition commerciale en effet, ce seront toujours les plus forts qui l’emporteront.
Effets prévisibles de l’ouverture du commerce, en particulier dans les pays du Sud. La relance du commerce mondial continuera d’éliminer les petits producteurs des pays du Sud, concurrencés par l’agriculture industrielle - par ailleurs fortement subventionnée - des pays riches et par les produits des pays industrialisés (y compris des pays émergents) dont les entreprises sont beaucoup plus productives que celles des pays pauvres du Sud. Elle renforcera les menaces sur la souveraineté alimentaire, en particulier dans les pays du Sud (crise alimentaire) car il implique un modèle de développement basé sur la croissance par les exportations à destination des pays riches, au détriment de l’alimentation des populations. Elle soumettra la réponse aux besoins alimentaires des populations à la spéculation financière internationale qui fait alternativement grimper et chuter les cours des céréales. Non seulement les hausses sont dangereuses pour les populations, mais la volatilité des cours l’est tout autant car elle menace la régularité de l’approvisionnement des populations en produits alimentaires et les revenus des petits producteurs.

Elle renforcera le processus d’expropriation de leurs terres des petits producteurs, mais aussi des populations autochtones au profit des multinationales qui veulent en exploiter le sol, le sous-sol, la forêt ou l’eau. Ce processus porte atteinte à la propriété collective et ancestrale des populations indigènes, prive ces populations de leurs moyens d’existence et détruit leur culture.

Elle favorisera ainsi le pillage par les multinationales des richesses des pays pauvres, et l’évasion fiscale qui va de pair avec celui-ci. Les profits des multinationales n’émergent en effet que dans les paradis fiscaux, et nullement dans les pays d’où ces richesses sont extraites ou produites.

Elle accentuera aussi la tendance actuelle à l’accaparement des meilleures terres dans les pays pauvres par des Etats qui disposent de réserves financières importantes (les pays du golfe, la Chine, etc.) et entendent ainsi assurer leur propre sécurité alimentaire au détriment de l’alimentation des populations locales.

Elle favorisera enfin dans les pays du Sud une monoculture qui épuise les sols et détruit leur fertilité ; tout cela dans le but d’exporter les marchandises issues de cette monoculture vers les pays riches pour se procurer des devises (par ex. culture du soja en Amérique latine pour nourrir le bétail européen), mais au détriment de l’alimentation et de l’agriculture de subsistance pour les populations locales.

Elle aggravera le processus de destruction de l’environnement et de changement climatique en cours en perpétuant le modèle productiviste actuel (multiplication des transports intercontinentaux de marchandises, déforestation de l’Amazonie, exploitation et destruction des ressources maritimes, développement d’une agriculture industrielle polluante et appauvrissant les sols, etc.).

Elle renforcera enfin au niveau mondial toutes les tendances autoritaires et les atteintes aux droits démocratiques, comme par exemple au Pérou où le président Alan Garcia fait tirer sur les populations autochtones qui protestent contre une loi visant à les exproprier de leurs territoires ancestraux au profit des multinationales, tout cela au nom du respect des accords de libre échange passés avec les Etats-Unis.

Mobilisations - Appel :

Crise économique, crise climatique, crise de société
Il faut changer de cap !

Du 30 novembre au 2 décembre, une conférence ministérielle de l’OMC se tiendra à Genève, une semaine avant le sommet sur le climat à Copenhague. Dans les deux domaines la faillite des politiques suivies dans le passé est catastrophique. Pourtant nos dirigeants ne remettent rien en question !
Faillite de l’OMC et du « libre » échange Trente ans de politiques néolibérales et de mondialisation, 15 ans d’OMC, n’ont fait qu’accroître la misère au Sud, les inégalités, le chômage et la précarité au Nord. Pour finalement nous précipiter dans la pire crise capitaliste depuis 1929. L’OMC promet de nous en sortir... en poursuivant sur la même voie : une « libéralisation » des échanges qui ne profite qu’au capital transnational, une mise en concurrence sauvage qui accentuera encore la pression sur les emplois, les conditions de travail, les assurances sociales et les services publics.

Le commerce contre le climat

Ces mêmes politiques ont aussi eu des conséquences des plus néfastes pour le climat. Elles ont provoqué la faillite de paysans par millions au profit de l’agriculture industrialisée, alors que celle-ci – fortement dépendante des énergies fossiles - est une source majeure de l’effet de serre. Elles ont provoqué une déforestation désastreuse des principales forêts tropicales, poumons de la planète et lieu de vie des communautés indigènes. Elles ont créé un réseau de production mondialisée, avec ses transports gros consommateurs d’énergie, dans le seul but de maximiser l’exploitation de la main d’œuvre.
Malheureusement, à Copenhague ce sont les mêmes acteurs, les mêmes intérêts et les mêmes fausses « solutions de marché » qui sont à l’ordre du jour, alors que leur faillite est patente. Douze ans après Kyoto, les émissions des pays développés sont plus importantes que jamais.

Le Titanic vous tente ?

Ni la crise économique et sociale, ni la crise environnementale ne seront résolues avec la logique qui les a créées. Ce système économique a nourri misère, inégalités, guerres et nous a précipités dans la pire crise depuis la 2ème guerre mondiale. Aujourd’hui, nous sommes confrontés avec la nécessité impérieuse – toujours plus urgente – de renoncer à l’absurdité d’une croissance sans fin sur une planète finie. Mais nos dirigeants, asservis aux nantis ou le nez dans le guidon, ne cherchent pas la sortie. Pour nos enfants et petits-enfants, les intérêts de la société et de l’environnement doivent primer sur le profit aveugle. Nous pourrons vivre bien –et même mieux– tout en renonçant aux gaspillages insoutenables d’un système où le rendement du capital impose une croissance sans limite sous peine de faillite.
Des centaines de représentants de mouvements populaires du monde entier seront à Genève, puis à Copenhague pour exiger un changement radical de direction. Nous donnons rendez-vous à Genève à toutes et tous.

Contre l’OMC, parce qu’un monde meilleur est urgent !
Manifestation, samedi 28 novembre, Place Neuve, 14H

Programme :

GENÈVE, du SAMEDI 28 NOVEMBRE au MERCREDI 02 DÉCEMBRE
SAMEDI 28 NOVEMBRE
Manifestation internationale, 14h00 - 17h00

Rassemblement à 14h00, Place Neuve. Départ en cortège en direction du
siège de l’OMC où auront lieu des prises de parole. Fin de la
manifestation près de la gare centrale.
Soirée culturelle, Salle Communale de Plainpalais

DIMANCHE 29 NOVEMBRE, 10H00 - 17H00
Journée forum, Salle Communale de Plainpalais

Échanges et débats autour des trois thématiques retenues pour le
Contre-sommet : AGRICULTURE / CRISE / CLIMAT
* 10h00 - 12h00 : Plénière d’ouverture
13h00 - 16h00 : Ateliers thématiques
16h00 - 17h00 : Plénière de synthèse

LUNDI 30 NOVEMBRE, MARDI 1er & MERCREDI 2 DÉCEMBRE

* Tente proche du CICG (lieu du congrès de l’OMC)
* Accueil-repas pour les invités du Sud
* Information et suivi des débats OMC, débats
* Ecoute de représentants de paysans du monde entier
* Actions délocalisées

II - CARAVANE POUR LA JUSTICE SOCIALE ET ÉCOLOGIQUE - DE GENÈVE À COPENHAGUE

Site officiel :
http://www.climatecaravan.org/

Dans le monde entier, les mouvements sociaux se mobilisent pour
Copenhague, pour exiger ensemble des solutions justes et équitables à la
crise environnementale.
La caravane pour la justice sociale et écologique a pour objectif de
relier les mobilisations contre l’OMC avec celles autour du sommet sur
le climat. 60 représentants de mouvements sociaux du Sud traverseront
l’Europe sur deux chemins différents depuis Genève. Les militants des
deux routes se retrouveront à Hambourg pour traverser ensemble la
frontière danoise, à destination de Copenhague.
Par des débats publics et des actions, les participants de la caravane
décriront les effets de la mondialisation néolibérale et du changement
climatique sur leur vie, et la manière dont ils luttent contre ces
effets – pour unir les combats pour un autre monde au Nord et au Sud.

1- LA ROUTE DE L’OUEST
jeudi 3 décembre : DIJON
vendredi 4 et samedi 5 décembre : PARIS ( marche Climet et Chômeurs
convergeront)
dimanche 6 décembre : : NORD de la FRANCE
lundi 7 décembre : BRUXELLES
mardi 8 décembre : HAMBOURG

2/LA ROUTE DE L’EST
jeudi 3 décembre : FREIBURG
vendredi 4 décembre : FRANCFORT
samedi 5 et dimanche 6 décembre : COLOGNE
dimanche 6 et lundi 7 décembre : présence d’une délégation à BERLIN
mardi 8 décembre : HAMBOURG

Sophie Zafari
16-11-2009


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