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Sommet du G8 à Edimbourg

vendredi 9 septembre 2005  Enregistrer au format PDF


La participation à la manifestation fut bien supérieur aux prévisions avec 250 à 300 00 manifestants qui ont défilé 5 h durant dans les rues d’Edimbourg. La manifestation du 2 juillet à Edimbourg était assez contrasté ( même si les manifestants étaient tous de blanc vêtus ) avec d’une part une très forte participation des ONG britanniques - christain aid essentiellement- qui, à travers la campagne make poverty history ont un discours très moral et s’en remettent de fait au G8 pour résoudre la question de la pauvreté dans le monde, et des secteurs plus critiques et politiques qui dénoncent le G8 : au final une volonté commune de mettre fin à la pauvreté dans le monde.
L’accord qualifié le plus souvent de cynique et pingre passé lors de la réunion des ministres de l’économie du G7 n’apparait pour personne comme une réponse : il faut noter que cet accord qui prévoit d’annuler la dette des 18 pays les plus pauvres ( soit 5% seulement de la population des pays en développement qui sont au nombre de 42) est assorti de conditions en terme de libéralisation extrémement fortes : privatisation des ressources naturelles et des secteurs économiques stratégiques au profit des transnationales des pays riches, augmentation des coûts de santé et d’éducation pour la population, augmentation de la TVA, libération des mouvements de capitaux . D’autre part cet accord n’annule pas la Dette bilatérale que ces pays ont du contracter avec les pays riches ou encore avec les organismes internationaux privés. Au total l’annulation de la Dette annoncée ne correspond qu’à l’annulation des intérêts de la Dette sur 2 ans, une opération qui "coûte" tout au plus 2 milliards de dollars par an ( la moitié de ce que dépensent les Etats-Unis chaque mois en occupant l’Irak ). Par ailleurs, les Etats-Unis financeraient leur contribution en puisant dans leur maigre aide publique au développement, sans rechercher des ressources additionnelles.
Autant la manifestation du samedi était nombreuse (250 000) et consensuelle, autant les participants au contre sommet du 3 juillet se sont retraouvés en comité assez restreint à l’écoute d’intervenants coutumiers de ce type d’évènement comme Suzan George ou Weldon Bello. Le samedi, la majorité des manifestants « demandait » au G8 de faire de la pauvreté du passé, « make poverty history ». Le dimanche, ce slogan devenait « make the G8 history » ou « make capitalism history ».

Plénières et séminaires ont brassé les thèmes de la pauvreté, de la guerre, de l’immigration ou des droits.
Sur l’Afrique, tous les intervenants se sont accordés pour minimiser l’impact de la suppression de la dette de 18 pays sur le problème global de la pauvreté. A été soulignée la condition corrélative de cette suppression à savoir l’ouverture des frontières, la levée des protections douanières, avec marché protégé dans les pays du nord et développement des cultures d’exportations, petits salaires et lutte contre les des syndicats au sud.
Il y a eu un séminaire autour du thème « Une autre école est possible » avec participation de la NUT :
·critique du processus de privatisation de l’éducation au Royaume-Uni ;
·critique des tests qui se multiplient, sont très sélectifs et instaurent une compétitivité à tous les niveaux ;
·critique des contenus : « j’enseigne des savoirs fragmentés à l’infini, accumulés sans aucun esprit critique » a dit un intervenant.

Des propositions ont mis en relief l’exigence d’une pensée critique, de recherche, d’une école qui favorise la coopération, la solidarité et le multiculturalisme.

La contradiction entre la campagne de Tony Blair pour l’éducation et la guerre en Irak a été soulignée.
On a constaté que s’ils sont sensibilisés, les jeunes s’intéressent à la politique à travers leur refus de la guerre et des inégalités, leur volonté de protéger l’environnement.

Au final, il faut repenser l’éducation et inclure élèves et parents dans le combat pour une école émancipatrice et de justice sociale.

Au cours de la plénière intitulée « Aide, échanges, dette », Walden Bello a insisté sur le fait que les contre sommets, depuis Seattle, ont changé la donne : la globalisation fait problème et l’OMC fait partie du problème ! La société civile globale doit se mobiliser pour qu’à Hong Kong on mette un point final à l’OMC, a-t-il conclu.

Les 3 jours suivants étaient organisées des manifestations et initiatives multiples : le 4 juillet : blocage de la base militaire de Falsan ( c’est une initiative annuelle organisée par la campgne pour le désarmement nucléaire) le 5 juillet : manifestation devant le centre de rétention de Dungavel sur le thème de la libre circulation.

le 6 juillet : manifestation à Gleanagles sur le lieu du sommet du G8.

Dominique Gianotti - Sophie Zafari


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