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Suicide à l’EPM de Meyzieu

lundi 11 février 2008  Enregistrer au format PDF


Au moment où la Défenseure des enfants s’alarme du nombre de tentatives de suicide toujours très élevées en France chez les jeunes de 15 à 24 ans - 40 000 par an - et demande la mise en place d’une stratégie nationale destinée à prévenir, repérer et prendre en charge le plus en amont les adolescents en souffrance psychique, un adolescent de 16 ans a mis fin à ces jours à l’EPM de Meyzieu où il était incarcéré.

La défenseure note aussi que parmi les enfants confiés à la Protection Judiciaire de la Jeunesse, 9% des garçons et 44 % des filles ont déjà fait une tentative de suicide.

Ce drame illustre le caractère insoutenable de ces centres qui accentuent la détresse et le désespoir de jeunes déjà en grande souffrance et en difficulté sans leur apporter aucune chance réelle de réinsertion.

Pour tous les professionnels au contact d’adolescents en grande difficulté, ce passage à l’acte renvoie à une forme d’impuissance et à un sentiment d’échec. Cela peut arriver dans n’importe quelle prison. Mais les EPM ont été présentés, à grand renfort de communication, par le ministère de la Justice et la direction de la PJJ comme un modèle unique destiné à améliorer les conditions de détention qui, selon eux, n’étaient pas possibles dans les quartiers pour mineurs.

Loin de répondre aux besoins, on constate aujourd’hui que les conditions imposées aux jeunes dans ces lieux de confinement que sont les EPM sont sources pour eux d’insécurité, propice aux phénomènes de groupes violents.

La FSU dénonce l’imposture destinée à faire croire à l’opinion publique que ces prisons allaient enfin pouvoir réinsérer ces adolescents. En banalisant à l’extrême les effets destructurants de l’incarcération, en privilégiant les solutions répressives par rapport à la prévention et à l’éducation en milieu ouvert, le gouvernement est en train d’instaurer un véritable gâchis humain et financier.

La FSU continue à s’opposer résolument aux EPM qui, avec d’autres mesures récemment votées, comme les peines plancher et la comparution immédiate pour les mineurs, vont véritablement augmenter l’incarcération avec les risques que celle-ci fait encourir aux adolescents.

Communiqué de presse FSU du 8 février 2008


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