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mercredi 25 mai 2005  Enregistrer au format PDF


Après les mobilisations Fonction Publique et interprofessionnelles des 20 janvier, 5 février et 10 mars, celles contre la loi Fillon et les conditions de la prochaine rentrée scolaire, le 16 mai a été une nouvelle occasion pour les salariés d’exprimer leur mécontentement et leur désaccord avec la politique gouvernementale.

Qu’il s’agisse des questions d’emploi et de pouvoir d’achat qui ont permis la convergence des revendications des salariés et retraités du public et du privé, de la défense des services publics (notamment avec le rassemblement du 5 mars à Guéret), de l’éducation avec les mobilisations contre la loi Fillon et la LOPRI, la FSU s’est engagée dans l’action, en développant les contacts unitaires, pour rassembler très largement les personnels dans l’action. Les lycéens fortement mobilisés dans cette période subissent aujourd’hui la répression du gouvernement. La FSU continuera à soutenir ceux qui en sont victimes sous toutes les formes (poursuites judiciaires, sanctions disciplinaires...) en liaison, notamment, avec le comité de soutien.

Face à la contestation de sa politique, le gouvernement choisit systématiquement le passage en force voire la répression. Après les retraites et la protection sociale, il continue d’avancer à marche forcée sur de nombreux fronts : éducation, fonction publique, prévention de la délinquance, emploi-chômage, droit du travail et garanties collectives, justice, immigration (ainsi les derniers projets du Ministre de l’Intérieur visant à renforcer les dispositifs répressifs et sécuritaires).....
C’est la même logique qui est à l’oeuvre avec la création des établissements pénitentiaires pour mineurs (EPM) que la FSU appelle à combattre en participant aux collectifs anti-EPM qui se mettent en place sur les différents sites retenus.

A partir de ses champs de responsabilité, la FSU entend contribuer au développement du mouvement social.
Salaires, emploi, temps de travail : les revendications des salariés du public et du privé demeurent. Pour la FSU la mobilisation interprofessionnelle doit se poursuivre et il convient de construire un rendez-vous unitaire dans les prochaines semaines.

La FSU poursuit son implication dans le réseau de la marche mondiale des femmes. Elle participera au prochain rendez-vous européen à Marseille des 28 et 29 mai pour défendre le droit des femmes.

Dans le cadre du centenaire des lois laïques de 1905, la FSU continuera à développer les actions unitaires mises en place avec les syndicats et les associations en défendant ces valeurs laïques. Dans ce cadre, elle appelle à des initiatives locales unitaires.

Education : après une loi de renoncement, des projets de décrets tout aussi dangereux et répressifs

C’est dans un contexte de réductions budgétaires massives, de suppressions de postes, de transfert de personnels aux collectivités territoriales, que le gouvernement a fait passer en force sa loi d’orientation pour l’éducation au parlement.

Le CDFN de janvier 2005 avait déjà mis en évidence les convergences entre la loi Fillon, le plan Borloo, les projets sur la prévention de la délinquance (rapports BENISTI et maintenant Hermange), projets porteurs tous d’une même logique libérale, de régressions induisant un modèle de société basé sur l’individualisation, l’exclusion, le tri social.

Les premiers décrets d’application sont maintenant soumis à concertation pour avis du conseil supérieur de l’Education en juin : neuf projets de textes déclinant la loi Fillon et un autre sur l’apprentissage lié à la loi Borloo de cohésion sociale.
Dans une seconde phase, d’autres textes (brevet des collèges, remplacement, assistants pédagogiques...) seraient soumis à concertation.

Ces premiers projets de décrets confirment nos analyses : ils sont inacceptables. Le Service Public d’Education se trouvera profondément modifié dans ses objectifs et ses modes de fonctionnement. Après l’avis négatif du Conseil Supérieur de l’ Education et la large opposition provoquée par la loi Fillon, après la censure du Conseil Constitutionnel, La FSU continue à revendiquer l’abrogation de cette loi régressive et contestée par enseignants, parents et lycéens.

C’est dans ce cadre qu’elle porte appréciation des projets de décrets et arrêtés.

Ces projets de textes aggravent des aspects extrêmement négatifs de la loi déjà : renoncement à la réussite de tous, recentrage des apprentissages sur un socle minimum, individualisation des parcours et sélection précoce, ignorance de l’école maternelle, remise en cause des moyens d’aide aux élèves en difficulté, régression de la formation continue, remise en cause des missions voire des métiers...
Ce sont ces mêmes orientations régressives qui sous-tendent la décision du Ministère de l’Agriculture d’imposer malgré le vote négatif des instances de concertation des horaires revus à la baisse pour les formations de l’enseignement agricole et une réduction à la portion congrue des dédoublements et du soutien.

C’est pourquoi la FSU estime indispensable de lancer une nouvelle phase de mobilisation contre la politique gouvernementale, la loi et ses décrets, contre les conditions de la prochaine rentrée, contre le développement de la précarité et du chômage qui menace des milliers de non-titulaires. Elle appelle les personnels à se réunir dès maintenant et elle poursuivra avec eux, en recherchant l’unité syndicale, l’action pour mettre en échec la politique éducative du gouvernement, pour s’opposer à la mise en place des mesures régressives. A cet effet, elle mobilisera les personnels à la rentrée.

Elle se mobilisera pour faire valoir des propositions alternatives, celles qu’elle a déjà élaborées, celles nouvelles qui s’imposent dans la situation actuelle. Elle agira avec ses syndicats nationaux, les personnels qu’elle rassemble pour convaincre l’opinion publique, la société qu’il existe d’autres choix possibles que ceux qui sont faits aujourd’hui par le gouvernement.

Recherche : 20 mai unitaire

La mobilisation des personnels de la recherche et de l’enseignement supérieur avait contraint le gouvernement à annoncer la création de 3000 emplois de titulaires en 2006. Depuis le gouvernement persiste à vouloir imposer dans la loi ses orientations et sa recomposition libérale de la recherche et de l’enseignement supérieur public. A cet effet, elle mobilisera les personnels à la rentrée prochaine (pôles de compétitivité, stagnation des crédits récurrents, priorité aux projets finalisés, précarité, mise en cause des statuts des personnels, remise en cause des acquis démocratiques...). L’intersyndicale de l’enseignement supérieur et de la recherche et « sauvons la recherche » appellent à une mobilisation nationale le 20 mai. La FSU apporte son soutien à cette journée unitaire de manifestations. Seule la forte mobilisation de la communauté scientifique peut contraindre le gouvernement à négocier une véritable loi d’orientation et de programmation s’appuyant sur les propositions des organisations syndicales et des états généraux de Grenoble.

Fonction publique : s’opposer à la contre réforme

Contraint par la mobilisation des personnels de porter l’évolution du point d’indice pour 2005 au niveau prévu de l’inflation et faute de parvenir à obtenir des fédérations syndicales un « accord de méthode », le ministre de la Fonction Publique renie les engagements pris devant les fédérations de fonctionnaires sur les dossiers à traiter en priorité. Il confirme le passage en force sur la création du CDI et celle du PACTE.

Le projet de réforme statutaire pour la fonction publique de l’Etat, dont l’un des objectifs est la réduction de l’emploi public, nie le droit des fonctionnaires à une carrière, à la reconnaissance de leurs métiers, de leurs spécificités et de leurs qualifications, il renforce le rôle des hiérarchies locales tant sur les carrières que l’exercice professionnel et fait éclater la catégorie A. Il s’appuie sur des orientations de gestion des personnels, en rupture avec l’égalité de traitement, développant clientélisme et concurrence entre les personnels, orientations auxquelles les syndicats de la FSU s’opposent depuis plusieurs mois.

La FSU dénonce la propagande et les mensonges énoncés dans le courriel de Dutreil à l’ensemble des agents de l’Etat. Elle élabore un tract de réponse dès maintenant et un document plus développé à la rentée de septembre qui informera les collègues de la réalité des projets ministériels et des revendications qu’elle y opposera.
Le CDFN invite les syndicats et les sections départementales à diffuser le courrier adressé par la FSU à Dutreil sur la fusion des échelles 2 et 3.

La FSU agira pour consolider les démarches unitaires des fédérations de fonctionnaires, notamment en recherchant les expressions communes sur le fond des dossiers. Il s’agit de réaffirmer les questions sur lesquelles la FSU veut que portent les discussions : celle du pouvoir d’achat des salaires et des pensions, la reconstruction de la grille, la question des agents non titulaires. C’est à partir de cette orientation que la FSU s’exprimera dans les prochaines réunions du conseil supérieur de la Fonction Publique de l’Etat. Elle recherchera les moyens d’interventions unitaires des personnels.

Pour : 86 - Contre : 3 - Abstentions : 7 - Refus de vote : 0


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