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mercredi 28 juin 2006  Enregistrer au format PDF


La victoire contre le CPE constitue un événement déterminant pour le mouvement syndical. Elle montre en effet combien l’unité entre les jeunes et les salariés, l’unité syndicale et la détermination dans la mobilisation peuvent rassembler largement et déboucher sur un succès revendicatif.

Ce succès qui a porté un coup d’arrêt à la tentative d’imposer un recul social décisif pour tous n’empêche cependant pas un gouvernement, pourtant discrédité, de poursuivre dans ses tentatives de régression. C’est ainsi que la loi dite « Egalité des chances » comme le CNE, est maintenue ou que le projet de privatisation de GDF continue d’être d’actualité. Les offensives libérales se développent également à l’encontre du service public de l’emploi, dont l’ANPE, au travers notamment de la convention tri-partite Etat-Anpe-Unedic. Il en va de même d’une politique éducative de renoncement à la réussite de tous les jeunes, de tri social et d’éviction précoce d’une partie des jeunes en difficulté hors du système éducatif : en témoignent notamment le décret sur le socle, l’application de la loi Fillon ou la volonté de mettre en oeuvre massivement l’apprentissage junior à 14 ans. Quant à la commission Hetzel « Université-Emploi », non seulement son questionnement est réducteur mais les conditions d’un débat efficace et démocratique ne semblent pas réunies pour elle : on ne saurait se contenter de cette réponse aux attentes massivement exprimées par les jeunes, d’autant que la question des jeunes sans qualification est totalement laissée à l’écart.

En revanche les poursuites contre les jeunes engagés dans le mouvement marquent une intolérable volonté de répression et de revanche.

Les suppressions de postes qui viennent d’être annoncées dans la fonction publique sont significatives d’une volonté de démantèlement des services publics considérés a priori comme d’insupportables dépenses et non des investissements : les 19000 suppressions annoncées, dont 8700 dans les enseignements scolaires viennent s’ajouter à celles intervenues les années précédentes (environ 25000 sur 4 ans dans l’enseignement) ; et les quelques créations sont nettement en deçà des besoins ou des engagements : c’est le cas notamment de l’enseignement supérieur et la recherche. Loin de permettre une quelconque « optimisation » elles risquent de déboucher sur une réduction sensible de la capacité des services publics à répondre aux besoins, notamment pour les jeunes dans les zones confrontées aux plus grandes difficultés, mais aussi, au-delà de la menace de précarité sur les non-titulaires, sur la dégradation des conditions de travail de tous les agents aggravées par la multiplication des tâches, liées notamment à la LOLF et les réorganisations des ministères, illustrées notamment par le décret du 17 mai 2006. De plus cette intensification du travail s’exerce dans un climat d’évaluation permanente, de concurrence, de pressions générées par la réforme de l’évaluation de la notation. Lorsque des besoins sont partiellement pris en compte, c’est seulement par le développement d’emplois aidés particulièrement précaires. Au moment où le gouvernement prétend lutter résolument contre le chômage des jeunes il décide d’un plan social d’ampleur qui va déboucher sur plus de chômage ou de précarité.

C’est aussi le mépris pour les personnels, leur travail et leurs missions que signifient ces décisions. Elles rejoignent le refus d’une politique salariale assurant le maintien et la progression du pouvoir d’achat : d’ores et déjà actifs et retraités sont confrontés à une inflation de 1,5% en cinq mois alors même que l’augmentation de 0,5% du point d’indice décidé unilatéralement pour les actifs n’est même pas encore intervenu : c’est pour eux l’assurance d’une perte de pouvoir d’achat sur l’année de l’ordre de 1,5 point s’ajoutant aux 5 perdus depuis 2000. Et les quelques mesures qui ont fait l’objet d’un accord minoritaire permettant au gouvernement d’esquiver ces exigences non seulement ne compensent pas cette perte mais servent de prétexte à des remises en cause des droits de personnels en matière de gestion. C’est pourquoi la FSU s’oppose au projet de loi dit de « modernisation » de la fonction publique.

Le projet de loi CESEDA vient d’être voté en dépit des oppositions nombreuses qui se sont manifestées : il constitue une régression considérable pour les immigrés, qu’ils soient ou non en situation régulière mais aussi pour les droits de tous. Dans le même temps avec la fin de l’année scolaire des dizaines de milliers d’enfants ou de jeunes sont menacés d’expulsion : les concessions faites par le ministre de l’intérieur, si elles manifestent une première prise en compte des mobilisations, sont extrêmement limitées et mettent en avant des critères inacceptables.

Quant au projet de loi de prévention de la délinquance il va bientôt être présenté devant le conseil des ministres : la protestation massive a permis que les dispositions sur le dépistage précoce en soient retirées mais ce retrait n’a rien de définitif et surtout toutes la autres dispositions que nous combattons (secret « partagé », rôle du maire, pivot de la prévention de la délinquance et destinataire de toutes les informations concernant les personnes en difficulté sociale...) sont maintenues dans un projet qui stigmatise les plus vulnérables comme dangers potentiels. Cette surenchère sécuritaire s’inscrit dans une politique qui vise à stigmatiser la jeunesse et en priorité celle la plus en difficultés.

Une fois encore, les échéances électorales sont l’occasion de déplacer le nécessaire débat sur les sources de l’insécurité sociale (chômage, précarité, discriminations...) vers le traitement de la délinquance des mineurs.

Dans ce contexte, l’ouverture des premiers Etablissements Pénitentiaires pour Mineurs est prévue pour le printemps 2007 et la mise en oeuvre des Centres Fermés s’amplifie. Ces établissements constituent l’axe prioritaire de la politique de répression de la misère sociale, où l’enfermement devient la réponse privilégiée au détriment de l’éducation.

Dans cette situation la FSU regrette que l’unité syndicale ne soit pas poursuivie au delà du conflit sur les CPE pour contraindre le gouvernement à d’autres reculs notamment, sur le CNE ou l’apprentissage à 14 ans par exemple. Après la victoire sur le CPE, elle entend la faire vivre.

En dépit de réelles difficultés d’organisation et de mobilisation le lancement des Etats généraux pour l’avenir des jeunes a montré tout l’intérêt du débat et de l’unité avec les organisations de jeunes. Le CDFN appelle les sections départementales à prendre rapidement contact avec les autres partenaires de ces états généraux pour organiser en septembre/octobre des initiatives locales débouchant sur un rassemblement national en novembre. Ces initiatives doivent être l’occasion d’approfondir le débat sur les sujets traités lors du lancement (et en particulier les questions de formation et de qualification) mais aussi de l’élargir à la situation des jeunes en difficulté ; elles doivent également permettre d’y associer des organisations qui n’ont pas participé à la première rencontre nationale.

Dans l’éducation, contre les suppressions de postes, le renoncement à la priorité à l’éducation et la dégradation du service public, le CDFN appelle les personnels à se mobiliser dès la rentrée 2006, à participer massivement à l’appel des fédérations de l’EN aux rassemblements du 6 septembre et à la journée de grève de septembre. La FSU fera tout pour que le mouvement s’élargisse aux parents et aux jeunes.

Il décide également une grande campagne sur l’éducation pour s’opposer à la politique gouvernementale et à la loi Fillon et mettre dans le débat public les propositions de la FSU pour une école de la réussite pour tous : pour cela il décide de la publication d’un document de masse dans la perspective d’assises de l’Education .

Il propose de construire un appel à l’action unitaire des fédérations de fonctionnaires sur l’emploi public, la précarité, les salaires et pensions, la défense des statuts et des services publics. Il décide également d’organiser un colloque sur les fonctions publiques.

La FSU interviendra lors du débat parlementaire sur la loi fonction publique pour en dénoncer les aspects dangereux et proposer ses amendements.

La FSU poursuivra son action contre la loi CESEDA et pour la défense des enfants et de leurs familles menacés d’expulsion du territoire et pour leur régularisation. Alors que dans plusieurs pays de l’UE on régularise massivement les immigrés en situation irrégulière, le CDFN appelle à poursuivre la signature de la pétition de RESF de désobéissance civique « nous les prenons sous notre protection », à participer en grand nombre aux opérations de parrainnage et à assurer le succès des manifestations du 1er juillet.

Le CDFN appelle à rester vigilants pendant l’été pour contribuer à soustraire les jeunes et leurs familles à l’expulsion. La FSU s’engage à défendre ceux qui pourraient être poursuivis.

Le CDFN appelle à la réussite de la semaine du 19 au 23 juin, décidée par le Collectif National Unitaire (auquel participent plusieurs syndicats de la FSU) : semaine d’action et d’interpellation des élus locaux et nationaux sur les dangers du projet de loi de prévention de la délinquance. La FSU appelle également tous les personnels à être vigilants sur la mise en place de fichiers d’élèves à des fins de contrôle social.

La FSU condamne l’exploitation sexuelle des femmes organisée à l’occasion de la coupe du monde de football en Allemagne et appelle tous les personnels à signer massivement la pétition sur le site de la FSU.Opposée à toutes le discriminations elle participera comme chaque année à la marche des fiertés LGBT.

La FSU demande l’amnistie pour les jeunes poursuivis à la suite du mouvement contre le CPE : elle s’est adressée d’une part aux confédérations et d’autre part à ses partenaires de l’intersyndicale de l’éducation dans ce sens et poursuivra ses efforts pour obtenir une prise de position unitaire. Elle recherchera l’unité à chaque fois que se manifestera la répression syndicale.

Texte adopté par 92 pour - 10 contre et 1 abstention


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