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Th.1 : D’une réforme à l’autre : Construction de deux segments de la formation initiale et refus de la démocratisation.

vendredi 8 janvier 2010  Enregistrer au format PDF


Notre contribution a pour objectif d’éclairer les enjeux autour des multiples réformes structurelles du système éducatif (du primaire en passant par le lycée et l’université) : la partition du système de formation initiale en deux blocs : une voie courte pour 50% d’une classe d’âge qui iront jusqu’au socle et une voie longue jusqu’à la licence pour les autres.

Dans le second degré, la réforme du lycée général et technologique prolonge du socle commun et des lycées professionnels : ces trois réformes sont en parfaite cohérence. Cette cohérence et sa logique doivent être clairement explicitées car le ministère prend bien soin d’en masquer les véritables enjeux.

Il s’agit pour ce gouvernement de mettre en œuvre la stratégie de Lisbonne et notamment d’atteindre, sans le dépasser, le seuil de 50 % d’une classe d’âge titulaire d’un diplôme post bac ou autrement dit de construire une autre voie s’interrompant à 15 ans à l’issue de l’acquisition du socle, et pouvant être poursuivie en apprentissage ou « tout au long de la vie ».

L’école n’a désormais plus pour objectif la formation de citoyens cultivés, capables de comprendre le monde et de le faire évoluer, mais de fournir deux types de main d’œuvre pour les entreprises. L’une diplômée à bac +3 et au-delà et, l’autre qui ne disposerait en entrant dans la vie active que d’un bagage minimal.

C’est dans ce cadre qu’il faut penser toutes les réformes entreprises par le ministère. A la fois celles qui à l’évidence visent à limiter les formations en IUT, les bac pro, mais également celles qui modifient les contenus d’enseignement la réforme des programmes du primaire et celles du lycée qui cherchent à réduire les contenus formateurs et d’ouverture sur le monde.

Il ne s’agit plus d’éducation mais de « formation initiale » s’inscrivant dans le cadre de la formation tout au long de la vie. Le socle commun correspond au premier stade de cette formation, le collège délivre la 1ère certification qui permet au jeune d’acquérir ensuite d’autres certifications dans le cadre de la formation professionnelle. La loi « orientation -formation » est parfaitement claire sur ce point. Il n’est alors pas étonnant qu’on attende des enseignants de cette « école du Médef » qu’ils « enrichissent » leur formation par des stages en entreprise. Dans cette conception de l’école, l’engagement de l’état se réduit, il s’arrête au mieux , il n’y a plus réellement d’élèves mais des salariés en devenir.

C’est dans cette perspective que la réforme du lycée opère une coupure avec le collège et un lien fort avec l’université. Elle oblige les élèves à se spécialiser dès la 1ère en vue d’une orientation en licence, le lycée n’étant plus qu’une antichambre des études universitaires plus courtes pour la majorité. En effet, la LRU et la réforme du LMD ne favorisent pas la poursuite d’études après la licence pour tous, mais renforcent considérablement les liens de dépendance entre l’université et les entreprises. Le « plan Campus » accentue la concurrence entre dix universités captant l’essentiel des fonds publics et les soixante autres : quelques universités seraient les pôles de compétitivité de dimension internationale, disposant des principales équipes de recherche, des meilleures formations et des principales écoles doctorales et les autres universités ayant comme mission, la formation du plus grand nombre au niveau licence.

Le projet de la FSU s’intéresse non seulement aux structures de cette école mais encore et surtout aux contenus, pratiques et finalités de ses enseignements. Nous avons à définir les missions et les moyens de cette école, de la maternelle à l’université, indispensable dans un monde ouvert, en mutation constante, à évolution rapide ; une école qui permet à chaque jeune de prendre part à l’évolution du monde, de devenir un créateur, non d’entreprise mais d’une société nouvelle.


Magali Espinasse Snes, Gisèle Jean Snesup, Yves Jean Snesup.


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