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Th.1 : Formation des enseignants : la direction de la FSU doit exiger le retrait sans condition des décrets publiés et rompre la concertation avec le gouvernement.

vendredi 8 janvier 2010  Enregistrer au format PDF


Quel sont les enjeux de ce qu’il faut appeler la contre-réforme de la formation des enseignants ?

Avant tout, augmenter le service des néo-recrutés facilite l’objectif fixé par le gouvernement de supprimer 16000 postes en 2010. On peut d’ailleurs noter que la liquidation des IUFM en tant qu’entités administratives va immédiatement entraîner la suppression de centaines de postes supplémentaires. Substituer à l’année de stage post-concours 108 heures payées 3000 euros en deuxième année de master obéit à la même logique : il s’agit de retarder l’entrée dans le métier et de faire ainsi baisser les coûts salariaux, tout en créant à bon compte une armada de remplaçants. Et que dire du cadrage des dits masters ? La préparation aux concours y est réduite à quelques modules plaqués sur des maquettes qui doivent intégrer à la fois un parcours d’insertion professionnelle et la formation à la recherche. Certains s’étonnent que leur contenu n’intéresse guère le ministère ! C’est qu’au nom de l’élévation du niveau de recrutement, la « mastérisation » permet en réalité de déqualifier les futurs enseignants. En témoigne notamment la réduction du nombre d’épreuves aux concours de recrutement, qui n’est qu’une étape dans un processus visant, à terme, leur suppression pure et simple. Cette entreprise de déqualification est un levier pour attaquer les décrets de 1950 qui règlent le statut des enseignants.

C’est à cela, ainsi qu’à l’éclatement du statut des enseignants-chercheurs, qu’a tenté de s’opposer le puissant mouvement qui s’est déroulé dans les universités, au printemps 2009. En Mars, la direction de la FSU s’est dressée contre le mot d’ordre de retrait de la réforme ; et sous couvert d’en demander l’ « abandon » s’est précipitée au ministère pour négocier sa mise en place. Dans la foulée, lors du CTPM du 28 mai, les représentants FSU se sont abstenus sur les projets de décrets concernant la « réforme de la formation », position qui fut perçue, à juste titre, par les personnels en lutte comme un véritable coup de poignard dans le dos.. De fait, les dirigeants de la FSU ont accepté de siéger dans les groupes de travail chargés de son élaboration. Quant à l’appel intersyndical à la journée de mobilisation du 15 décembre, s’il se prononce -bien tard- pour le retrait des décrets publiés, c’est seulement pour quémander « une remise à plat » qui permette de « réelles négociations ». Cela revient à s’inscrire dans le cadre fixé par le gouvernement. Au contraire, c’est le retrait inconditionnel de l’ensemble des textes que la direction de la FSU doit exiger, ce qui ne peut avoir de portée réelle que si elle refuse de participer à quelque concertation que ce soit.

Fabrice Galtier SNESup – Front Unique


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