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Th.1 : Organiser les refus pour avancer

vendredi 8 janvier 2010  Enregistrer au format PDF


Le texte préparatoire propose une analyse juste et sans appel des attaques néolibérales que subit le système éducatif dans son ensemble ; il condamne avec force la « gouvernance » qui repose sur l’individualisation, les performances, le mérite, la mise en concurrence, en bref, qui fait de l’inégalité son fonds de commerce.
Il ne faudrait pas que la FSU s’en tienne à l’analyse, aussi juste soit-elle…

L’avenir s’annonce sombre, et il faut résolument anticiper les attaques, pour être à même de les combattre. La FSU ne peut plus se contenter d’acter quelques « concessions » de la part de ministres résolus à remodeler de fond en comble le système éducatif, à imposer le règne du mérite et de l’exclusion… Qui peut prétendre avoir « gagné » sur le lycée alors que la réforme Chatel, que la FSU rejette, n’est pas meilleure, loin s’en faut, de celle de Darcos ? ou sur les Rased alors qu’ils sont démantelés, ou pire sur la mastérisation alors que la réforme est unanimement contestée ? Nous avons, au mieux, gagné un peu de temps.

Nous avons, en revanche, manqué des combats, celui de la mastérisation entre autres, en laissant le Supérieur isolé l’an passé, alors que cette lutte nous aurait permis de constituer un vrai front fédéral contre le gouvernement ; nous avons, à force de faire passer des petits reculs pour de grandes victoires, perdu en efficacité. Le gouvernement agit toujours de même : il annonce un cataclysme pour ensuite ne mettre en œuvre qu’une catastrophe et nous considérons cela comme un recul de sa part… Cette position n’est plus tenable.

La FSU, ses syndicats dans l’éducation, doivent changer radicalement de posture et adopter un tour combatif : aujourd’hui, il faut organiser le refus des mesures mises en place, et qui participent au démantèlement du système éducatif. La FSU doit dépasser la simple analyse et se doter de mandats clairs : le livret de compétences est à rejeter, comme le socle commun Fillon : la FSU doit en demander l’abandon ; même chose pour les évaluations CE1 et CM2, pour le B2i, la note de vie scolaire. Ce qu’on nous présente comme des modules d’ « aide » (PPRE, Aide personnalisée, accompagnement éducatif) s’inscrivent dans une dégradation supplémentaire du Service Public : refusons-les.

Condamnons les RAR qui ont signé la fin de l’éducation prioritaire, refusons le conseil pédagogique qui organise la gouvernance par l’autonomie, c’est-à-dire qui renforce les inégalités tout en asservissant les personnels… La liste est, malheureusement, plus longue encore.

La FSU risque -t-elle de s’afficher « contre tout » ? On sait bien que c’est faux : le texte du congrès avance des propositions et des revendications qui sont très justes (cf notamment III-3-6). En revanche, oui, il faut l’affirmer haut et fort, la FSU est CONTRE les mesures que propose ce gouvernement ! Doter la FSU de mandats clairs, c’est aussi proposer aux collègues des consignes de refus collectif qui les aideront, dans leur quotidien, à lutter sans se sentir isolés. C’est aussi adopter une posture syndicale de combat pour construire un réel rapport de forces : pour mobiliser les collègues, on ne peut pas faire miroiter des victoires qui n’en sont pas ; il faut prendre la mesure de l’adversaire, et s’engager résolument à le combattre.


Ecole Emancipée


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