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Th.3 : Crise du « productivisme » ou crise du capitalisme ?

vendredi 8 janvier 2010  Enregistrer au format PDF


18 millions de logements sont inoccupés aux USA suite aux expulsions des familles hors d’état de rembourser. Et Le Monde annonçait un véritable plan de destruction de ces maisons inoccupées quand ces mêmes familles sont condamnées à loger sous des tentes ! C’est cela, le capitalisme. Il produit trop non par rapport aux besoins sociaux (on manque cruellement de médicaments, de logements, de nourriture - un milliard d’hommes manquent de nourriture -), mais par rapport aux besoins solvables. Dans le même temps, le budget militaire américain est passé depuis 2000 de 294 Milliards à 675 milliards : une augmentation réelle de 71 %. Mais l’Etat américain même endetté demeure encore solvable pour le plus grand bonheur de l’industrie militaire.

Pour le mouvement syndical, pour la FSU, caractériser la crise pour ce qu’elle est, c’est-à-dire comme la crise du capitalisme est de la plus haute importance pratique. Les textes d’orientation font le contraire. Certes le mot capitalisme est évoqué. On parle de crise « du capitalisme globalisé et financiarisé et de la mondialisation néolibérale ». Ce n’est donc pas le capitalisme lui-même qui est en cause, juste une perversion de celui-ci : sa « financiarisation ». On pourrait donc revenir au capitalisme de papa, ni financiarisé, ni globalisé, ni néo libéral. Cette thèse est inepte. Le développement monstrueux de la spéculation procède du capitalisme lui-même. C’est par incapacité à réaliser un taux de profit suffisant dans la production que des masses énormes de capitaux s’investissent dans la spéculation. Vouloir débarrasser le capitalisme de la financiarisation sans toucher au capitalisme, c’est comme le médecin qui voudrait débarrasser le diabétique de la tendance à la gangrène sans s’attaquer au diabète.

C’est bien ce que fait la direction de la FSU à la suite de l’intersyndicale qui le 5 Janvier nous disait que « les lois du marché ne peuvent pas tout ». Il faut donc combler leurs « lacunes ». Ainsi l’intersyndicale proposait de mettre un peu de sparadrap sur la gangrène : négocier les plans de licenciements, le chômage partiel ; revoir les suppressions « aveugles » de postes dans la Fonction Publique – pour des suppressions « les yeux ouverts » sans doute ?.

Mais le pire est dans la phrase suivante : La crise « montre l’épuisement d’une croissance « productiviste ». C’est l’alignement sur les tenants de la « décroissance » dont un des représentants – le dirigeant Vert Cochet – proposait de supprimer les allocations familiales pour le troisième enfant. Faudra t-il bientôt condamner la revendication d’augmentation de salaires comme « productiviste » ? Il faut une autre orientation : celle qui, renouant avec les origines du mouvement syndical lui-même lui assigne comme fonction d’en finir avec l’exploitation capitaliste par la collectivisation des moyens de production.
Ce qui commence évidemment par combattre le gouvernement Sarkozy Fillon !

Roland Michel, Front Unique


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