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Th.3 : Être ou ne pas être … anticapitaliste

vendredi 8 janvier 2010  Enregistrer au format PDF


Qu’une organisation syndicale se pose la question des alternatives, on devrait s’en féliciter. Mais une fois de plus, le texte soumis à la discussion pour le congrès de la FSU concernant le thème 3 qui s’intitule pompeusement « Pour des alternatives économiques, sociales et écologiques » fait dans l’évitement généralisé : alternatives à quoi ? Discussion académique pour « réguler » ou analyse des ravages du capitalisme pour engager des luttes ? Que tire-t-on de ces vagues discours en termes de revendications, de syndicalisme de luttes, d’alliances, de solidarités ?
Le mythe de la régulation.

Il aura fallu toutes les critiques des plateformes des congrès précédents pour que le mot « capitalisme » soit prudemment introduit. Mais il s’agit du « méchant » capitalisme globalisé, financiarisé et néolibéral. Il n’y a aucune caractérisation de ce qu’est le capitalisme : un projet cohérent politique et idéologique qui détruit tous les droits fondamentaux au logement, à la santé, à l’éducation … qui met les humains en concurrence dans tous les domaines et transforme toutes les activités en marchandise. Sans le dire, le texte lui oppose un « bon » capitalisme moralisé qui se bornerait, grâce à la croissance à produire des richesses. Un « bon » Etat régulateur et des « bonnes » institutions répartiraient équitablement ces richesses grâce à des services publics efficaces. Dans ce conte de fées, tous les mots qui fâchent comme « lutte des classes », « marxisme », « appropriation collective des moyens de production » … ont disparu au profit de termes de novlangue comme « sécurité sociale professionnelle ». Drôle de monde où le patronat et les capitalistes croient totalement en la lutte des classes et sont décidés à la gagner en liquidant un à un tous les acquis sociaux arrachés dans les périodes précédentes, alors que les syndicats mythifient le « retour » d’un vrai partenariat. Ce refus de voir la cohérence du capitalisme a pour conséquence le refus de combattre frontalement la stratégie de destruction complète des droits qu’il entreprend à l’échelle internationale.

Bref, le texte introductif au thème 3 est davantage un texte d’accompagnement des mutations du capitalisme plutôt qu’un texte d’alternative.

Philippe Dubacq (Emancipation-44)


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