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Th.3 : Fin de vie : Un thème de congrès ?

mercredi 6 janvier 2010  Enregistrer au format PDF


Le 19 novembre dernier devait être débattue à l’Assemblée nationale une proposition de loi déposée par le groupe parlementaire SRC (socialiste, radical, citoyen), relative au droit de finir sa vie dans la dignité. Selon l’art. 1 « Toute personne majeure, en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable, infligeant une souffrance physique ou psychique qui ne peut être apaisée et qu’elle juge insupportable, peut demander à bénéficier, dans les conditions strictes prévues au présent titre, d’une assistance médicalisée pour mourir dans la dignité ». La ministre de la santé n’a pas hésité à recourir à un artifice de procédure pour empêcher la discussion d’amendements et pour qu’ intervienne un vote bloqué (326 voix contre, 202 pour) !

L’argument majoritaire est toujours le même : la loi Léonetti du 22.04.05 est bonne, mais elle est mal connue et mal appliquée. Pourquoi les pouvoirs publics n’ont-ils rien fait depuis bientôt cinq ans pour qu’il en soit autrement ?

Est-ce parce que cette loi met l’accent sur les soins palliatifs alors que – palliatifs - ils sont inadéquats dans nombre de situations et ne peuvent être dispensés qu’avec parcimonie, faute de moyens ?
- Est-ce parce que les directives anticipées du patient - qui n’ont pourtant qu’une valeur indicative - sont encore de trop ?
- Est-ce parce que le recours autorisé à un dosage plus élevé d’antalgique en cas de douleurs aiguës pourrait entraîner la mort ? « On doit supprimer la souffrance sans supprimer le malade » J.Léonetti le 03.12.08 (Le Monde.fr).
- N’est-ce pas aussi parce que la Loi Léonetti n’a pas la bénédiction des hiérarchies religieuses qui lui reprochent son « ambiguïté » ? (cf. Le soin des malades en fin de vie - déclaration commune juive-catholique du 26.03.07 qui préconise « pour les malades chroniques hors d’état d’exprimer leur volonté » le maintien de l’alimentation et de l’hydratation par voie naturelle ou artificielle) !
Quoi qu’il en soit, le patient risque souvent de se trouver à court de solutions s’il entend garder jusqu’au bout la maîtrise de sa vie, sans s’en remettre corps et âme au pouvoir médical. Il peut certes se suicider (c’est un droit-liberté !), recourir au suicide-assisté (en se rendant par exemple en Suisse s’il en a les moyens), obtenir d’un tiers qu’il transgresse la loi ; s’il y a « transgression, et que l’auteur assume cette transgression, il en rend compte devant le juge qui instruit, vérifie et classe l’affaire s’il s’avère que c’était la moins mauvaise solution »(J.Léonetti dans La Croix – 29.10.08). Il suffisait d’y penser !!!
Le thème 3 du congrès nous invite dans sa 3ème partie à lutter pour le respect des droits et des libertés, pour l’égalité des droits.
- Existe-t-il aujourd’hui une véritable égalité des droits en matière de fin de vie ?
- Décider de la façon dont on entend terminer sa vie n’est-il pas un droit qui, pour s’inscrire dans un contexte sociétal à respecter, n’en est pas moins fondamental ?

Tout ceci mérite débat. Aux congrès départementaux et national de s’en emparer, le minimum étant que la motion de Marseille intitulée : « Mourir dans la dignité : c’est un droit » soit pour le moins reprise au congrès de Lille ! (Pourquoi pas en III-3.2.5 ?)

Roger Forget – SFR 50


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