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Th.3 : Vivre nu-e-s et libres

vendredi 8 janvier 2010  Enregistrer au format PDF


Il est une discrimination qui vise ceux qui souhaitent vivre le plus possible comme ils sont nés, « libres et égaux en droits » et nus.
Il ne s’agit pas promouvoir ici le naturisme mais d’attirer l’attention sur la répression contre ceux qui affirment par l’exemple que le droit à la nudité naturelle est une liberté fondamentale.

L’ancien code pénal réprimait l’outrage à la pudeur, notion très subjective et très relative : la définition de la pudeur et son application à la nudité totale ou partielle varie selon les cultures, dans l’espace et dans le temps. Le nouveau code est plus précis mais plus grave pour les naturistes. En effet, visant « l’exhibition sexuelle », il condamne aussi bien ceux qui aiment être en tenue de nature pour se promener, se baigner, pratiquer un sport, jardiner, lire, voire ne rien faire, que ceux qui se livrent à de véritables agressions visuelles à caractère sexuel. La peine encourue n’est pas neutre, ni financièrement ni sur le plan des risques pour un fonctionnaire.

La circulaire d’application prétend vouloir écarter les poursuites à l’encontre des pratiquants du naturisme dans des lieux autorisés, mais :
- Hors des espaces autorisés, le délit d’exhibition sexuelle est constitué du fait de la simple nudité, quels que soient l’attitude ou le comportement. C’est bien la nudité des corps qui est jugée obscène par elle-même, contrairement aux valeurs humanistes : « homo sum - nihil humani alienum a me puto ».
- Dans les lieux autorisés, des comportements agressifs pourraient ne pas être poursuivis : or si la nudité n’a rien d’obscène par elle-même, il existe des comportements obscènes s’ils sont imposés à des tiers non consentants ou à des mineurs.
- La nudité hors des espaces naturistes est passible de poursuites même dans des sites naturels vastes et dans des espaces privés visibles de l’extérieur. Le naturisme est un choix de vie et ses adeptes n’entendent pas limiter sa pratique à quelques jours par an dans un centre autorisé. Etre poursuivi pour avoir voulu vivre nu chez soi sans occulter toutes les ouvertures est une atteinte la liberté individuelle.
- Cantonner la pratique de la nudité ordinaire aux seuls espaces « autorisés » comporte le risque de renforcer un courant qui n’a pas besoin de cela, la dérive communautariste. 
- De nouvelles pratiques, comme la « randonue » et de nouvelles formes de manifestations comme les défilés « cyclonudistes » qui banalisent la nudité et visent le dialogue de ses adeptes avec l’ensemble de la société, sont interdites.

Cette répression sert aussi des intérêts commerciaux et de domination. Décréter la nudité des corps obscène est une façon de valoriser leur exploitation dans les différentes formes de pornographie et de voyeurisme payant (cabarets, presse et médias people et/ou pornographiques, sites web du même acabit, publicité, etc.). La prescription en matière de décence vestimentaire est aussi affaire de domination et de pouvoir. Toute norme pose la question de qui l’impose, au nom de quoi et pour servir quels intérêts.

Dans son congrès, la FSU doit se prononcer pour une évolution de la législation pour séparer clairement la nudité naturelle, liberté fondamentale, de la sexualité agressive qui doit être réprimée comme toute agression. Cette distinction est loin d’être impossible : en Europe même, les législations sont différentes et la simple nudité dans les espaces publics est acceptée dans plusieurs pays.
La FSU doit également prendre contact et rechercher des échanges avec le mouvement naturiste.


Jacques Agnes, Unité et Action, SNES


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