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Th.4 : Quelle "recomposition" syndicale ?

mercredi 6 janvier 2010  Enregistrer au format PDF


Selon les médias et les déclarations de divers responsables syndicaux, l’évolution du paysage syndical est inéluctable. Du coup, les syndiqué-e-s découvrent parfois dans la presse (et pas la presse syndicale !) des questions sérieuses qui - jusqu’à une date récente - n’étaient pas portées dans le débat à la base des organisations. C’est malheureusement le cas pour le rapprochement CGT/FSU qui est impulsé depuis presque un an maintenant.

Un autre aspect important est que les diverses tentatives de "recomposition" actuelles, résultent en fait d’un accompagnement de la loi sur la "représentativité syndicale" dans le privé, et dans le projet de loi résultant des accords de Bercy pour ce qui est du public. Dispositifs qui sont des armes pour le gouvernement, pout piloter la recomposition syndicale par en haut tout en portant atteinte à la capacité d’intervention du syndicalisme et finalement à son indépendance (par exemple l’ingérence dans les finances des organisations syndicales, ce que le mouvement ouvrier a toujours condamné depuis la loi de 1844).

Voici donc deux préalables (débat à la base entre syndiqué-e-s des organisations, refus se de situer sur le terrain de l’accompagnement des lois sur la "représentativité") incontournables pour toute perspective de recomposition syndicale… faute de quoi on n’aurait affaire qu’à des processus néfastes pour le syndicalisme.

Dans le même temps, rien ne justifie d’accepter un éparpillement syndical qui nuit considérablement à l’organisation unitaire du mouvement ouvrier. Il y place pour un vrai processus de (ré)unification syndicale, pour peut qu’il respecte les deux préalables ci-dessus, et qu’il se construise à partir des luttes. La perspective d’une confédération unique des travailleurs peut être une boussole, reposant notamment sur :
- l’indépendance syndicale vis-à-vis des partis politiques, des gouvernements, du patronat et des pouvoirs religieux (charte d’Amiens).
- un syndicalisme de lutte s’inscrivant dans une perspective de rupture avec le capitalisme.
- la démocratie syndicale garantie entre autres par un authentique droit de tendance.
- l’existence de véritables structures syndicales interprofessionnelles regroupant sur une base géographique (sections locales, départementales…) tous les salariés, sur un mode de fonctionnement fédéraliste.
Il est évident que toute décision transformant les structures de la FSU nécessite au préalable l’organisation d’un débat impliquant tous les syndiqués, et la tenue d’un congrès portant cette question à l’ordre du jour.


Catherine Leger (SNES 94, Émancipation)


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