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Un budget en trompe l’œil.

mercredi 19 octobre 2005  Enregistrer au format PDF


Le déficit budgétaire est donc annoncé à 46,8 milliards d’euros. Au total, sécu comprise, le déficit public devrait être de 2,9%. Chiffre miracle qui permet de faire croire que la France respectera le critère de stabilité (moins de3% de déficit). Bien sûr personne n’y croit. Le taux de croissance estimé (entre 2 et 2,5% en 2006) parait irréaliste à tous les analystes.

Les dépenses de l’État (hors protection sociale donc) s’élèveraient à 276,3 milliards d’euros soit une progression de 1,8% (inflation) qui correspond donc à une stagnation en volume.

La dette publique continue à progresser et représenterait 66% du PIB en 2006. Loin des 60% du même pacte de stabilité mais surtout poids de plus en plus lourd pour le budget. Avec plus de 1 000 milliards, le poids de la dette dans le budget représente 50 milliards par an soit le montant de l’impôt sur le revenu. C’est dorénavant le deuxième « budget » de l’État après l’éducation. Elle représente 15% du budget global contre 6% en 1983 !

Les prélèvements obligatoires augmentent légèrement pour atteindre 44%.

Les effectifs de l’État vont diminuer, au moins, de 5 318 postes, soit 2,339 millions de postes. Rappelons qu’avec la LOLF et son plafond d’ETP (équivalent temps plein) ce que nous connaissons au moment du vote du budget est le nombre maximum d’emplois possible. L’objectif de tous les gestionnaires de BOP sera de ne pas atteindre ce plafond. Le nombre réel des suppressions d’emplois ne sera donc connu qu’en fin d’exercice !

Les Finances (-2 608), l’EN (- 1 607), l’Équipement (- 945), Agriculture et pêche (- 680) sont les principaux ministères touchés.

Un budget « insincère » ? Mais au-delà des chiffres donnés beaucoup soulignent les « astuces » qui permettent de boucler un budget de transition.

Du coté dépenses 1,8 milliards d’euros de dépenses sont, par exemple, escamotés ; Les dégrèvements de cotisations patronales sont basculées sur le budget de la sécu.

Du coté recettes comme il n’y a plus de soulte à percevoir le gouvernement racle donc les fonds de tiroir, chez les autres ! 1,4 milliards sont ponctionnés dans le FGAS (fonds de garantie de l’accession sociale à la propriété), 2,8 sont prélevés à la Caisse des dépôts et consignations. EDF devrait reverser 1,34 milliards de dividendes !

Toutes ces « petites combines » pour reprendre le titre de Libération ne parviendront pas à cacher une réduction des recettes et des dépenses qui ne pourront conduire qu’à une nouvelle dégradation des services publics.


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