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Universités Euro-méditerranéennes d’Eté des Homosexualités.

jeudi 14 septembre 2006  Enregistrer au format PDF


La FSU avait été contactée en avril dernier par le CA des UEEH qui souhaitait organiser le 22 juillet un colloque sur les discriminations LGBT dans le monde professionnel, et qui nous informait désirer la présence de l’ensemble des organisations syndicales. La place de la FSU dans ce colloque était pour les organisateurs d’autant plus souhaitable qu’ils souhaitaient partir de notre expérience d’intersyndicale de l’éducation contre les LGBTphobies en milieu scolaire pour élargir la thématique d’une éventuelle intersyndicale contre les LGBTphobies, quels qu’en soient le contexte ou le milieu professionnel d’exercice. A cet effet, un atelier était prévu le 21 juillet pour caler nos interventions respectives et un autre atelier le 23 pour faire le bilan, faire le point sur les convergences, et sur les synergies possibles avec les associations LGBT.

L’atelier du 21 juillet était destiné à faire se rencontrer les intervenant-e-s au colloque : pour cet atelier étaient présent-es, en plus des 2 représentant-e-s du CA des UEEH et des 3 FSU (Jérome SCORDEL, Olivier LELARGE, Philippe CASTEL) Marie Pierre ITTURIOZ, conseillère confédérale CGT sur les questions de garanties collectives, animatrice collectif confédéral CGT* *lutte contre l’homophobie, Jean-Paul RAULT, membre du collectif confédéral CGT* *lutte contre l’homophobie, Stéphanie PARQUET-GOGOS, SUD Education, déléguée nationale Union syndicale Solidaires, Emmanuelle Pirat, assistante de Anousheh KARVAR, secrétaire nationale CFDT, Marceau Steinbach représentant de FO, Hélène VALENTIN FO, Martine Lacoste Guiraute, représentante UNSA. Après une brève introduction des deux membres du CA des UEEH, la FSU a présenté le travail réalisé en intersyndicale, particulièrement les audiences communes au ministère de l’éducation, le 4 pages envoyé à tou-te-s les adhérent-e-s de nos organisations, le colloque qui s’est tenu en 2005, nos deux participations communes successives à la marche des fiertés LGBT pour faire connaître notre détermination à lutter contre les LGBTphobies à l’école, nos projets de formation intersyndicale.
Chacun s’est ensuite accordé pour reconnaître la dimension pleinement syndicale de la lutte contre les discriminations dans le monde professionnel, les terrains qui restent à conquérir, les thématiques à porter, et a exprimé sa volonté de travailler ensemble sur ce dossier. Le climat était au début un peu tendu, tout le monde n’étant pas à égalité dans la prise en compte de ces questions dans son organisation syndicale, chacun-e cherchant tout de même à le laisser croire.
La FSU a rappelé que la lutte contre les discriminations dont sont victimes les LGBT dans leur environnement professionnel ou dans leur vie quotidienne ne se confond pas avec la lutte pour l’égalité des droits, comme l’accès au mariage ou la reconnaissance de l’homoparentalité, y compris dans leurs effets sociaux (fiscalité, ouverture de droits sociaux...) et qu’il fallait se battre sur ces deux terrains. Elle a rappelé que les organisations syndicales sont encore un peu frileuses sur ce thème de la lutte pour l’égalité des droits et ses implications.

Lors du colloque le 22 juillet, différentes situations de discriminations professionnelles vécues par des homosexuel-le-s et des transexuel-le-s ont été évoquées, ainsi que les mécanismes d’exercice de la discrimination. Le proviseur d’un lycée de Mende qui avait été dans un premier temps révoqué suite à ses écrits dans un blog où il révélait son homosexualité puis finalement suspendu 6 mois grâce aux nombreuses interventions syndicales et associatives a expliqué son cas, et a tenu à remercier publiquement la FSU (locale et nationale) pour le soutien qu’elle lui a apporté. La FSU a à nouveau présenté au colloque le travail de l’intersyndicale de l’éducation contre les LGBTphobies à l’école, après avoir fait un bref rappel de son implication propre dans ce combat contre les discriminations. Elle a exhorté les salarié-e-s LGBT à se saisir de l’outil syndical et à contribuer à faire vivre le syndicalisme, y compris en se penchant sur l’ensemble des discriminations, et sur l’ensemble des questions de justice sociale et d’égalité des droits. Elle a rappelé qu’on pouvait à la fois être victime de discrimination et coupable d’en exercer une autre, en rappelant que la principale discrimination dans le monde professionnel traitée par la justice civile et pénale concernait l’appartenance syndicale, des employeurs LGBT comme des cadres ou des salariés LGBT pouvant aussi se rendre coupable de l’exercer. Les organisations syndicales ont toutes déclaré vouloir travailler ensemble sur ces sujets, la FSU s’est déclarée disposée pour une telle synergie, déclaration qu’elle a surtout adressée à ses homologues.

L’atelier du 23 juillet a mis en présence responsables d’organisations syndicales (3 FSU, 3 CGT, 3 Solidaires, 1 CFDT) et d’associations (SOS Homophobie, Homoboulot, LDH). Le représentant d’Homoboulot, collectif d’associations professionnelles visant à défendre les LGBT victimes de discriminations dans leur entreprise a fait savoir qu’il avait pris contact avec les confédérations pour une meilleure connaissance mutuelle, ces associations ne prétendant pas se substituer aux syndicats, voulant au contraire s’appuyer sur leur expertise, mais en leur apportant une meilleure connaissance du vécu de la discrimination exercée contre les LGBT (parfois même par des représentants syndicaux).
La représentante de SOS Homophobie a rappelé que dans les appels reçus par son association, la discrimination exercée au travail était la première citée.
Un membre de la CGT a regretté que le temps imparti à la table-ronde intersyndicale au colloque n’ait pas permis plus d’interventions de la salle, et particulièrement des syndiqué-e-s et de leurs attentes à l’égard de leur organisation syndicale.
La FSU a rappelé le rôle que peut jouer une organisation syndicale, particulièrement en matière de formation de ses adhérent-e-s et de ses cadres. Elle a appuyé le propos de l’intervenant de la LDH selon lequel il faut porter une attention particulière aux plus vulnérables si l’on veut véritablement qu’ils se sentent entendus. En ce sens, la communication qu’une organisation syndicale peut faire passer sur sa volonté de combattre toutes les discriminations, y compris les LGBTphobies peut contribuer à faire émerger une parole qui, la plupart du temps, reste confinée dans l’inconfort du secret. En même temps, à l’inverse des associations spécialisées, nos organisations ont d’autres terrains d’intervention et ne peuvent pas se spécialiser sur ces seules questions. Mais la récente évolution de nos organisations sur ces sujets est très positive et doit se poursuivre, y compris par des convergences dans les actions et dans les contacts.

En dehors de ces ateliers et du colloque, la FSU a participé aux 3 séances d’ateliers organisés par une association LGBT espagnole de lutte contre les LGBTphobies en milieu scolaire, ainsi que dans un atelier sur les associations LGBT et leur implication dans le mouvement social. Elle s’est aussi rendue à la manifestation organisée à Marseille un an après la pendaison de trois homosexuels iraniens pour dénoncer les châtiments corporels, les tortures et les mises à mort qui s’exercent encore contre des homosexuel-le-s dans quelques pays. La présence et la participation de la FSU a été très appréciée, de nombreuses et nombreux responsables associatifs ont pris des contacts avec elle et on exprimé le souhait que la question de l’école, comme celle des discriminations professionnelles, soient à nouveau traitées en atelier l’année prochaine. Parmi les participant-e-s aux UEEH, certain-e-s syndiqué-e-s, y compris dans d’autres organisations que la nôtre sont venu-e-s dialoguer avec nous et ont apprécié nos échanges.

Philippe Castel


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