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Véronique Ponvert (SNES)

mardi 5 décembre 2006  Enregistrer au format PDF


Ni CFA, ni LP avant la fin du collège

L’enseignement au collège constitue une base minimale fondamentale de culture générale. A l’issue de la 3ème, le niveau des élèves est variable, mais chacun a pu tirer profit d’une formation générale commune. Pour de nombreux élèves, le collège est la dernière étape du cursus général, la suite du parcours se fera dans la voie professionnelle ; pour quelques-uns, les études s’arrêteront là.
Qu’adviendra-t-il des élèves ensuite ? S’ils espèrent bénéficier de la formation tout au long de la vie, cette formation initiale complète le leur permettra - même s’ils ont vécu les « années collège » en rejet scolaire, ils ont une connaissance passive ancrée des enseignements dispensés. On a tous rencontré un ancien élève en très grande difficulté dans ses « années collège », qui nous témoigne un vif souvenir et fait état d’un présent positif : l’adolescent, adulte en construction, en passe aussi par des moments de crise ; il faut lui permettre de les vivre, sans statuer sur son sort, de façon prématurée - et définitive !- Laissons-leur une chance !
Il faut poser des bornes incontournables qui nous tiennent lieu d’ambition : pas de sortie du collège avant la fin de la 3ème, ni en CFA, ni en LP, y compris pour les plus en difficulté. Pourquoi de telles balises ? Parce que si l’on ouvre la brèche, on glisse alors dans un puits sans fond... L’élève est déjà en difficulté en 6ème, il est agité, parfois violent en CE1... Alors, quand et où s’arrêtera-t-on pour justifier une orientation précoce ? Tous les élèves sont éducables, nous n’avons pas le droit de l’oublier.
Face à la difficulté quotidienne des personnels enseignants et non enseignants tentés de renoncer, nous devons réaffirmer nos convictions pour l’éducation. L’élève est en échec au collège ? C’est à cause des réformes successives qui ont cassé les ambitions du collège unique, et non la « responsabilité » de l’élève ! Battons-nous au quotidien pour obtenir des moyens, développer la pédagogie, favoriser la concertation afin de permettre la scolarisation de tous. Ce qui a été possible (l’élévation constatée du niveau global des élèves de collège, depuis la réforme Habby) doit pouvoir l’être encore. Refusons tout ce qui s’apparente à l’exclusion des élèves ! Les formations professionnelles en LP seront enfin valorisées, lorsqu’elles ne scolariseront plus des élèves par défaut, mais parce qu’ils l’auront choisi, à l’issue d’un premier cursus général accompli.


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