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Yves Cassuto (SNES)

mardi 5 décembre 2006  Enregistrer au format PDF


Non aux emplois aidés, en finir avec la précarité !

Dans les textes préparatoires au congrès national de la FSU, le paragraphe sur les emplois aidés est une coquille vide . Il se contente de décrire l’existant et de s’interroger sur « d’autres formes d’aides directes » pour « aider à la réinsertion des personnes en difficulté » et sur les autres moyens dont disposerait l’Etat pour développer l’emploi. La question des emplois aidés mérite assurément un autre angle d’attaque. La majorité des créations d’emplois ces dernières années correspond à des emplois aidés, pourtant stigmatisés par la droite quand elle est arrivée au pouvoir pour justifier la suppression des emplois jeunes. Ce dispositif avait constitué une première étape dans la déréglementation, difficile à contrer car il constituait une création massive d’emplois qui avait vocation, selon la propagande vite oubliée de l’époque, à être pérennisés. En fait, de nouvelles catégories encore plus précaires sont apparues qui ont essentiellement pour fonction de faire baisser les chiffres du chômage et d’occuper les postes pour lesquelles la fonction publique refuse d’embaucher des agents statutaires, soit qu’il s’agisse de remplacer des personnels déjà existants, soit qu’il s’agisse de couvrir des besoins nouveaux (comme les adjoints des directeurs d’école). Ce faisant, on accroît encore la précarité dans la fonction publique et on fragilise encore davantage l’ensemble des salariés. C’est particulièrement visible dans l’Education nationale et les Hôpitaux publics. Ces contrats n’offrent aucune perspective d’avenir pour les salariés qui les occupent, et qui enchaînent généralement période de chômage et de petits boulots. Cette situation est loin de ne concernée que « les personnes en difficulté » si on entend par là les salariés faiblement qualifiés. De nombreux jeunes en particulier y sont confrontés quels que soient leur niveau de qualification, au mépris des textes qui définissent les publics visés par les CA et les CAE, et qui ne sont pas respectés.
Ce ne sont pas d’autres formes d’aide qu’il faut réclamer, mais la transformation de ces emplois en emplois statutaires, et la création massive de nouveaux postes par le développement volontariste et l’extension du secteur public pour répondre aux besoins sociaux actuels. Concernant le tissu associatif, il faut rétablir un niveau de subvention lui permettant d’embaucher avec des contrats non précaires.


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