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Accueil > Archives > Année 2005-2006 > N°339 du 06 au 10 février 2006 > contre la casse de l’Education nationale,

contre la casse de l’Education nationale,

vendredi 10 février 2006  Enregistrer au format PDF


Les dernières annonces faites par le Premier Ministre et le Ministre de l’éducation nationale confirment un renoncement sans précédent à faire réussir tous les jeunes :

  • avec l’"Apprentissage Junior", éjection du collège dès 14 ans de nombre d’entre eux et remise en cause de la scolarité obligatoire jusqu’à 16 ans,
  • démantèlement programmé de la carte des ZEP.

Après la mise en place de la loi Fillon pour l’Ecole, trois mois après la "crise des banlieues", ces mesures s’inscrivent dans un contexte de restrictions budgétaires touchant particulièrement le Service Public d’Education.

Nous ne voulons pas de l’école qu’on nous prépare
Moins d’enfants scolarisés en maternelle, moins d’aide à l’école primaire et au collège, classes surchargées, orientation précoce et irréversible pour les jeunes en difficulté, moins de formations en lycée professionnel, moins d’options en lycée, moins de passage en seconde... C’est une scolarité au rabais qu’on veut nous imposer, une école plus inégalitaire.

Le strict minimum pour beaucoup, une formation complète pour les plus « méritants » ?
Alors que pour réussir dans sa vie personnelle et professionnelle il faut maîtriser des connaissances variées, les élèves et notamment ceux en difficulté n’auront plus droit à tous les enseignements . Beaucoup devront se contenter d’un « socle commun » étriqué évacuant des pans entiers de la culture et excluant des disciplines scolaires comme l’EPS, la technologie ou les enseignements artistiques.
Dans une école à plusieurs vitesses, ils seront nombreux, en particulier des milieux populaires, à se voir proposer moins d’école.

C’est parce que la loi Fillon organise le tri social au sein de l’école que nous continuons à vouloir son abrogation.

Après une élévation constante du niveau d’études et de qualifications ces vingt dernières années, c’est un recul sans précédent du droit à l’éducation pour tous qui est programmé.
Les propos du ministre sur les horaires des élèves (qui auraient soi-disant trop d’heures de cours), sur les programmes, la circulaire sur la lecture jetant le trouble parmi les parents et ignorant la réalité des pratiques enseignantes...ne constituent pas des solutions : on ne fera pas mieux réussir tous les élèves en leur offrant moins d’école !
De plus, l’avenir des jeunes, leur insertion, ne peuvent passer par le « contrat de première embauche » (CPE), qui généralise la précarité.

Cette politique va de pair avec un abandon des personnels confrontés à des conditions d’enseignement de plus en plus difficiles.

C’est pour l’avenir que nous revendiquons une autre politique éducative !
C’est pour tous les jeunes que nous avons de l’ambition !

Mobilisations contre les suppressions de postes, de classes et d’options, contre le CPE, appels de chercheurs...déjà, des résistances s’organisent. La FSU propose d’aller plus loin et de construire ensemble dès maintenant une mobilisation d’ampleur, la plus unitaire possible (organisations syndicales, associations de parents, mouvements pédagogiques, chercheurs, jeunes....) pour empêcher le démantèlement du Service Public d’Education et mettre en avant des propositions alternatives ambitieuses pour une école de qualité, pour la réussite de tous.

P.-S.

ZEP : fausse relance mais vrai abandon des élèves en difficulté, un renoncement pour les élèves de milieux populaires

En classant les 1265 lycées et collèges (et leurs écoles) Zep/Rep en trois catégories, le ministre fait éclater la carte de l’éducation prioritaire pour concentrer les moyens actuels sur 250 collèges (et leurs écoles) abandonnant de nombreux établissements. Le redéploiement des moyens (les 1000 postes dont parle le Ministre) se fera sur le dos de l’ensemble des collèges qui perdront à la rentrée 1/2h dans chaque classe de 5ème et de 4ème.
Dans les collèges dits "ambition réussite", l’organisation des enseignements sera dérogatoire et l’accent sera mis sur le seul socle commun, sauf pour les élèves « méritants » qui pourront choisir leur lycée en fin de 3ème, ce qui accentuera la ghettoïsation des lycées réputés « difficiles ».
Pour les écoles primaires, le traitement de la difficulté sera renvoyé hors de l’école (études obligatoires), sans réponses sur le temps de concertation pour les équipes ou la scolarisation à 2 ans.

Apprentissage à 14 ou 15 ans : une remise en cause de la scolarité obligatoire, une voie d’exclusion précoce

Abaisser l’âge d’accès à l’apprentissage à 14 ans ne correspond pas aux exigences actuelles des métiers. L’apprentissage est déjà, pour les jeunes en difficulté, marqué par une formation générale réduite de moitié, des abandons massifs en cours de formation, un refus quasi systématique des entreprises de les accueillir.

Le dispositif envisagé constitue une véritable filière de relégation : une fois sortis du collège à 14 ans, les jeunes ne pourront plus y revenir, la formation générale réduite suivie ne leur permettra pas de surmonter leurs difficultés scolaires. L’apprentissage est présenté aux jeunes et aux parents comme une solution miracle, alors que les chiffres montrent que les ruptures de contrat sont nombreuses (25%) et que les taux de réussite sont plus élevés par la voie scolaire.

Coupes sombres

·Seulement 740 postes de plus pour accueillir 34 000 élèves en plus dans le 1er degré à la rentrée 2006
·Suppressions massives d’emplois d’enseignants dans le 2nd degré (- 4 500 à la rentrée 2006, - 20 000 en 4 ans)
·Toujours moins d’encadrement éducatif : assistantes sociales, infirmières, personnels de surveillance...
La réduction du nombre de postes aux concours de recrutement dans l’éducation nationale (-30%) annonce de nouvelles dégradations pour les années à venir, compromet l’avenir du service public d’éducation mais aussi celui des étudiants, privés de la possibilité d’accéder à la fonction publique.
Ce sont là des choix délibérés d’amputer les moyens accordés à l’Ecole qui auront des conséquences dramatiques sur la qualité de la scolarité des enfants et des jeunes.


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